Guillaume Eyango : “Ma très belle aventure en Bleu”

De retour à Nantes, il nous raconte sa Coupe du Monde en Lettonie.

Bonjour Guillaume ! Tout d’abord, comment vas-tu ? 

Je vais très bien, merci ! Je suis rentré hier à Nantes (12.07) après un départ de Riga tous ensemble à 4h00 du matin en avion vers Paris puis, pour moi, direction Nantes dans la foulée.

Peut-être un peu de vacances à suivre avant de reprendre la saison ?

Oui, je vais bouger un peu… Peut-être un petit séjour en Suisse mais je vais vite revenir pour reprendre ma préparation individuelle pour me tenir prêt pour la reprise avec le groupe.

Ton sentiment après cette belle compétition avec le groupe France ?

J’ai eu la chance de vivre cette très belle expérience sportive et humaine pendant plus d’un mois avec une superbe équipe dans une très bonne ambiance. Un truc que je ne pourrai jamais oublier.

Quel a été ton parcours pour rejoindre le groupe France et disputer cette compétition ?

J’avais déjà fréquenté l’équipe de France 3×3 à travers 2 stages mais sans compétition à la clé. Quelques uns de mes partenaires avaient également participé à ces rassemblements. Nous étions plus ou moins suivis par les cadres nationaux dans nos clubs respectifs.

Et l’arrivée dans l’équipe U19 ?

J’ai su que le staff de l’Équipe de France pensait à moi car Frédéric Crapez, le coach, avait pris des renseignements auprès de Jean-Baptiste Lecrosnier et de Matthieu Donnard, mon entraîneur en Nationale 2. Mais rien de plus…

La suite… ?

C’est Fred qui a ensuite appelé pour me signifier que j’étais convoqué mi-mai pour un premier stage. Le rassemblement de 2 semaines a eu lieu au Temple-sur-Lot les 2 premières semaines de juin. Nous sommes logés dans un internat avec la salle d’entraînement à 5 minutes à pied. Nous apprenons à vivre ensemble et l’ambiance est très bonne !  C’est finalement le dernier jour du stage qu’une nouvelle liste de 16 garçons est donnée pour participer à un second stage, toujours au Temple-sur-Lot, après un break de 4 jours. La liste des 12 joueurs qui iront à en Lettonie sera communiquée en fin de stage !

Ce fut alors pour toi le début de la grande aventure ? 

Oui, puisque mon nom était dans la liste des 12 et que j’allais pouvoir participer à cette Coupe du Monde U19 ! Une joie immense, une belle récompense de mon investissement et du travail accompli en club et durant les stages. C’est beaucoup d’émotion et d’excitation à la fois ! Le lendemain : départ de Bordeaux pour Paris et dans la foulée, destination Riga, la capitale lettone.

L’arrivée à Riga marque le réel démarrage de la compétition ?

Oui, nous sommes dans le vif du sujet ! Nous sommes très bien accueillis et logés à l’hôtel. Nous y sommes un peu dans une bulle… Test PCR + quarantaine à l’hôtel, pas de sorties et pas de contacts avec les autres équipes présentes. 

Pas trop frustrant de ne pas échanger avec les joueurs des autres nations ?

Non, ça va ! Et puis, ce sont de futurs adversaires avant tout… (rires). Nous n’étions pas là pour se faire des potes mais pour réussir notre compétition.

Porter le maillot de l’Équipe de France, ça fait quelque chose ?

C’est énorme comme sensation… Tu représentes ton pays dans une compétition internationale, une Coupe du Monde ! Chanter la Marseillaise à chaque match était un honneur et nous la chantions tous très fort et avec cœur…C’était notre volonté à tous ! Mais ça donne la chair de poule (rires) !

Les journées devaient être bien remplies ?  

Nous avions 1 à 2 entraînements allégés par jour. Les jours de matchs, nous retrouvions le rythme que nous connaissons en club avec la séance de shooting et pas mal de vidéos. Quand tu vis ce genre de choses, tu n’as pas le droit à la fatigue, ça passe après.

La rage de Guillaume Eyango face à la Corée – © FIBA

L’importance de l’encadrement médical doit être très importante ? 

Oui, nous étions très bien suivis ! Par exemple, chaque matin, nous remplissions un questionnaire sur notre ressenti individuel. Le sommeil, d’éventuels “bobos” et toutes autres choses qui pouvaient altérer notre forme physique et cela dès le premier stage. Le médical faisait le point avec le sportif et, si besoin, en fonction des analyses, des aménagements dans les séances étaient faits. L’encadrement était vraiment top ! Nous avions également un suivi diététique, tout en étant très bien nourris à l’hôtel avec du choix et à volonté.

 Si tu as un meilleur souvenir à retenir ?

À coup sûr, notre victoire en demi-finale contre la Serbie (75/69) ! Une immense joie collective au buzzer. Nous étions assurés d’une médaille, de jouer une finale, qui plus est contre les Américains ! Nous sommes les premiers à réaliser cette performance et cela nous appartiendra pour toujours ! Mais je pense que d’autres très bons moments reviendront en mémoire avec un peu de recul.

Et sans parler de mauvais, on va évoquer le moins bon…

Bien-sûr, la courte défaite en finale fait mal au moral ! De la tristesse et le reste de la soirée a été un peu difficile. Mais nous nous sommes dit que nous avions tout donné et que nous ne devions pas avoir de regrets… Là aussi, notre cohésion et notre esprit de groupe nous a aidés à gérer la déception.

La vie et le travail en Équipe de France ou en club sont-ils très différents ? 

Non, pas tant que cela. Le staff France s’attache à rester proche de ce que nous travaillons en club pour que nous puissions conserver nos repères durant les stages. Cela nous permet de vite être opérationnels et de rentrer à fond dans les séances… Nous parlons tous le même langage.

Qu’est-ce que cette aventure a pu t’apporter pour la suite de ta carrière ? 

Beaucoup d’expérience au contact de tous nos encadrants, de nos adversaires. De la maturité, c’est certain. Savoir m’adapter à la vie en groupe et profiter des bonnes relations créées. J’ai aussi beaucoup appris (même si j’y étais déjà très attentif) sur l’extrême importance de l’hygiène de vie pour être le plus performant possible. Alimentation, sommeil, soins au quotidien avec les kinés, tout cela est capital si l’on veut être sportif de haut niveau. Je retiendrai également que le collectif prend toujours le dessus sur les individualités et notre cohésion nous a permis d’aller au bout de notre projet.

Quelques souvenirs matériels ramenés de Lettonie ?

Oui, nous avons reçu un sac de la FIBA avec différents cadeaux sympas et des goodies des partenaires. Mais surtout, on ramène nos maillots de matchs ! Je ne sais pas encore quelle place je vais leur réserver, mais ils ne resteront pas loin de moi et, bien-sûr, avec la médaille qui même si elle n’est pas d’or, vaut aussi chère à nos yeux.

D’autres messages à transmettre après cette performance ? 

Un grand remerciement à la structure de l’Équipe de France : staff technique, médical ainsi que tous mes partenaires de l’équipe. Je veux également remercier toutes les personnes qui m’ont adressé des messages de soutien et d’encouragements aussi bien durant les stages que pendant la compétition. Ça faisait chaud au cœur ! Nous avons également reçu des messages de la FFBB… encouragements et félicitations. Et un merci au NBH, au staff et aux dirigeants qui m’ont permis de vivre cet événement exceptionnel !

Justement, le Nantes Basket Hermine compte sur toi la saison prochaine !

Bien-sûr et je vais donner mon maximum pour cette seconde année en tant qu’aspirant. Il va falloir continuer à bosser dur pour continuer à gravir les échelons mais j’y suis prêt et j’ai l’envie. Je dois prouver que je peux jouer à ce niveau, gagner du crédit auprès du staff et de mes partenaires et je pourrai “grapiller” du temps de jeu. Mais avant, il faut faire ses preuves et je sais que rien ne sera gratuit… C’est comme cela qu’on progresse !

Merci à Guillaume pour cet échange 24h après son retour !

Tcar

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