Interview : rencontre avec The Rookies

The Rookies, figure du mouvement hip-hop depuis 2011, fait partie des meilleurs ambassadeurs du Voyage à Nantes. Nous vous invitons à découvrir ce groupe d’artistes locaux qui nous parlent de leur passion, la danse : “Elle nous apprend quotidiennement les valeurs de partage, de respect, de rigueur, de lâcher-prise, de dépassement de soi.”

NBH : Pouvez-vous nous présenter le groupe des Rookies ainsi que ses membres ? Pourquoi avoir choisi comme nom de groupe « The Rookies » ?

The Rookies : The Rookies compte 10 membres, majoritairement nantais. C’est d’abord la danse hip-hop qui nous a réuni. Les styles et influences sont multiples : afro, dancehall, electro, funk, breakdance, etc. Chacun des membres a ensuite exploré des disciplines différentes permettant aujourd’hui à la team une richesse de propositions artistiques. DJ, beatmaker, rappeur, vidéaste, styliste, designer, chef cuisinier : notre diversité fait notre force. Les “Rookies” c’est les “première année” dans les sports de haut niveau ou à l’armée. On a reçu ce nom en première année de formation et on a décidé de le garder jusqu’au bout car il représente notre mentalité : on n’arrête jamais d’apprendre !

Comment sont nés les Rookies ?

Le groupe est né il y a 10 ans, lors d’une audition à la formation “Street Club”, proposée alors par la Misfits Academy à Nantes. Cette formation amenait les danseurs urbains à se professionnaliser en trois ans, par le travail de la compétition, de la création chorégraphique et visuelle. Au bout de quelques mois de formation seulement, nous avons décidé de la terminer en accéléré pour développer une identité de compagnie à part entière. Notre coach de l’époque est devenu notre directeur artistique et nous nous sommes lancés dans cette grande aventure qui dure jusqu’à aujourd’hui.

Quels sont vos parcours et vos formations ? Et qu’est-ce qui vous a amené à la danse ?

Nous avons tous des parcours et formations très variés. Certains dansent depuis très jeunes, d’autres ont commencé quelques années avant l’audition. Certains ont eu le temps d’aller à l’Université, d’autres ont fait cette audition directement après le Bac… Aucun parcours ne se ressemble : il n’y a pas de bon ou mauvais chemin, seulement une motivation sans faille et une seule devise en tête “FOREVER STUDENT”. Peu importe l’âge et le niveau, on arrête jamais d’apprendre. Aucun d’entre nous n’avait réellement prévu de faire de la danse un métier, pas toujours évident à expliquer aux parents qui plus est !  Mais finalement, quand les premières places en compétitions internationales et les plateaux télés s’enchainent, l’évidence est là. C’est la danse qui nous a choisi et pas l’inverse finalement.

Que représente la danse pour vous ? 

Pas évident de le résumer en quelques lignes tant la danse a fait de nous les personnes que nous sommes aujourd’hui. Elle nous apprend quotidiennement les valeurs de partage, de respect, de rigueur, de lâcher-prise, de dépassement de soi. C’est notre plus beau moyen d’expression quand les mots viennent à manquer, notre plus belle arme face à l’adversité et aussi celle qui nous apaise quand le moral n’y est pas. On est tous des amoureux de la musique au sens large, et la danse nous permet de l’explorer sans limite. 

Faut-il passer par un parcours classique pour devenir danseur hip-hop ?

Aucun chemin prédéfini n’existe dans la danse hip-hop et on aime à penser que c’est ce qui fait la beauté et l’authenticité de la discipline.

Y’a-t-il un danseur, une danseuse, un chorégraphe avec qui vous aimeriez travailler ?

Ils sont nombreux ! Toutes les personnes croisées sur notre chemin ont à un moment ou un autre inspiré le groupe, l’échange est vraiment notre valeur clé.

Combien de fois par semaine vous entrainez-vous ?

Ça dépend des périodes de l’année. En préparation de compétition, on s’entraînait tous les jours, on peinait à trouver du temps off car à côté de ça, il fallait aussi préparer les shows et autres prestations.  Ces dernières années (avant Covid), on était sur un rythme de 4/5 jours par semaine, qui évoluait si on se retrouvait en période de rush. 

Quel est le temps de préparation d’un spectacle pour une compagnie ?  

Ça dépend vraiment du format du spectacle. Nous avons pu passer six mois sur certains shows de compétitions millimétrés de 3 minutes et seulement quelques semaines sur des créations chorégraphiques plus développées de 30 minutes.

Où trouvez-vous votre inspiration et quel est votre processus de création ?

PARTOUT ! L’inspiration est là où l’on va accepter de laisser notre esprit gambader librement : dans la musique, dans la lecture, les mangas, les films, les voyages, la nourriture, les balades en nature, les discussions, etc. Notre premier segment du show “WOD Los Angeles 2012” par exemple, on l’a créé à la suite d’une session snowboard un aprèm’ dans les Alpes. On est rentrés à l’appart’, on a posé les planches et on a commencé à créer direct dans le salon, toujours dans le ressenti des appuis et de la mémoire musculaire de la glisse. Le processus de création a beaucoup évolué d’années en années mais on travaille toujours en collectif, nous n’avons pas UN chorégraphe.

Quels sont vos projets ?

Après 10 ans passés quotidiennement tous ensemble, on va se laisser un peu plus d’espace pour aller se développer chacun individuellement. Donc à priori, moins de gros projets de groupe à venir et plus de propositions diverses de la part de chaque membre… À suivre !

Quels sont vos plus beaux souvenirs ?

Ils sont très nombreux… Notre tournée en Amérique Latine, les titres internationaux, l’émission World of Dance sur NBC, tous les voyages et rencontres avec des danseurs du monde entier, le Stade de France, Wembley Stadium, etc. Quand on regarde tout ça aujourd’hui en se remémorant le nombre incalculable de fous rires et de prises de têtes qu’on a pu avoir, on se dit c’est juste dingue, on vit dans un film quoi ! 

Quelle est la représentation qui vous a le plus marquée ?

Dur d’en choisir une, mais pour la symbolique, on va dire notre premier show à Los Angeles en 2012 au World Of Dance. Première fois que toute la team se retrouve sur scène aux États-Unis, certains n’avaient même jamais pris l’avion. À l’époque, la majorité de la team avait à peine 20 ans et on était très loin d’imaginer que ce n’était que le début d’une très longue aventure.

En 2016, vous devenez champion d’Europe puis champion du monde de street dance, pouvez-vous nous raconter cette aventure ?

Des mois et des mois de sueurs, de création, de remises en question, d’analyse des adversaires, de préparation physique et mentale. On avait déjà pris la première place au Championnat d’Europe en 2014 mais faire le doublé en 2016, c’était juste la consécration. Une manière aussi de prouver à notre entourage qu’on avait pas fait tous ces sacrifices pour rien. Travailler sur un show format 2/3 minutes pendant une saison entière, ça te rend fou car tu répètes et ajustes les moindres détails à chaque entraînement, mais c’est aussi ça qui te permet d’être dans une confiance parfaite le jour J où tu sais que ta préparation ne laissera passer personne devant toi. On a même modifié des parties de shows la veille de la finale tellement la cohésion de groupe était forte et que rien ne pouvait nous sortir de notre objectif. Jusqu’à la dernière minute, si on pouvait améliorer le morceau, on allait le faire.

Par la suite, en 2019, vous participez pour la deuxième fois à l’émission « Incroyable Talent » Que retirez-vous de cette expérience et que représente-t-elle pour vous ?

Cette émission, c’était un des derniers gros projets de diffusion de groupe avant le Covid. On sortait d’une grosse saison avec tournée en Amérique latine puis tournée “BTS”, on s’était dit qu’on allait prendre l’été off et puis finalement, début juillet, on nous appelle pour faire l’émission à la rentrée. Donc retour à la salle tout l’été pour préparer les shows. Ça nous a permis de proposer quelque chose dans un registre différent de ce que l’on fait habituellement (cf. le show demi-finale sur Lomepal). On en garde des supers souvenirs car le public a eu l’air de bien accrocher et c’est vraiment ce qui compte sur ce genre de format !

Parlez-nous de votre collaboration avec le Nantes Basket Hermine ? Quand a-t-elle commencé ?

On avait commencé la collab’ à l’époque où le NBH jouait encore à Beaulieu puis, par manque de dispo, on l’avait mise en pause. Retour sur le parquet en 2019 et pour nous, c’est toujours super important d’essayer de relier les différents acteurs culturels/artistiques/sportifs nantais ! 

Un petit truc à partager aux danseurs qui liront cet article ?

Même si les autres diront que c’est complètement fou, si tu y crois… oublie les doutes et fonce !

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